

















communiqué Valentine Cotte
Valentine Cotte (1994) vit et travaille à Strasbourg. Issue d’un double cursus en gravure à l’école Estienne puis en céramique à la HEAR, son travail s’articule entre dessins, sculptures et performances. Elle a fait l’objet de plusieurs expositions en région, à Paris et à l’international, et a été lauréate du prix Icart 2024 et Théophile Schuler 2025. L’artiste s’inspire de l’esthétique médiévale occidentale, convoquant un imaginaire prémoderne, empreint de spiritualité, de mysticisme et de luttes collectives.
Dans ses œuvres, le corps, ses blessures, ses soins et ses cicatrices occupent une place centrale, et la mémoire des souffrances vécues côtoie celle des guérisons possibles.
Son univers aborde de manière détournée des thèmes comme la famille, la santé mentale et l’effacement des voix minoritaires dans l’histoire de l’art, et propose de nouvelles formes à s’approprier dans une perspective de réparation, intime et collective. Ces formes existent en détournement d’iconographies habituellement martiales et virilistes : elle imagine
ainsi des chevaleresses vêtues d’armures en porcelaine brisées et réparées à la feuille d’argent, ou recouvertes de cottes de mailles minutieusement assemblées.
Ces «répara(c)tions» s’inscrivent dans la proposition de résiliences collectives,
et la réécriture d’histoires silencieuses, à la croisée de l’écoféminisme, du post-humanisme et d’un médiéval émancipateur.
Joan of Arc was a Magical Girl s’attarde sur la figure Jeanne d’Arc, à la fois en tant que personne incarnée et en tant que mythe. L’exposition s’inscrit ainsi dans le prolongement de cette recherche, en proposant une autre alternative à son récit : et si Jeanne d’Arc
était porteur·euse des minorisé·es et une messagèr·e des luttes marginales ? Alimentée
par les écrits de Clovis Maillet et Monique Wittig aussi bien que par le film de Carl Dreyer, cette exposition se visite comme on pourrait relire une histoire : telle une fiction uchronique, féministe et queer. Entre la facticité des matières et une esthétique héritée des jeux vidéo, l’artiste questionne l’héroïfication, les injonctions pesant sur les personnes sexisé·es,
et sur leur capacité à se relever de ces dictats.
Valentine Cotte propose ainsi une historiographie, dans le sens du travail narratif produit par l’historien·ne, matrilinéaire dans laquelle ce personnage constitue un reflet
de la possibilité d’un monde vivable pour toustes. Les différentes pièces invitent
à redécouvrir et réimaginer la vie de Jeanne d’Arc, ou plutôt Jeanne Rommée,
car dans ce pays, les filles prennent le nom de leur mère.
Texte de Juliette Mirabito
Exposition du 13 au 29 mars 2026.
Vernissage le Vendredi 13 mars à partir de 18h.
Exposition visible du vendredi au dimanche de 14 h à 18 h,
et sur rendez-vous.