Adieu vieux monde adoré|Émilien Sarot

L’exposition Adieu vieux monde adoré met en lumière le travail de l’artiste Emilien Sarot, invité par Ergastule
entre avril et mai 2026. Les multiples réalisés durant sa résidence — qui constituent pour lui une première
approche de la gravure — sont présentés au cœur d’une sélection d’œuvres issues de sa production
personnelle. Cette exploration de la gravure sur bois prolonge son travail de peinture et s’inscrit dans un
ensemble de références liées à l’expressionnisme.
L’exposition vise ainsi à contextualiser l’originalité de ces projets éditoriaux dans le parcours de l’artiste, en
montrant comment ils s’articulent avec son univers plastique.

Émilien Sarot est né en 1985 à Valenciennes.
Son travail s’inscrit dans une exploration approfondie du paysage comme espace de tension et de transformation. Formé à l’Université de Valenciennes puis à l’École nationale supérieure d’art de Nancy, il développe dès ses débuts une pratique à la croisée de la peinture, du dessin et de l’image recomposée.
Au cœur de sa démarche, le paysage n’est jamais envisagé comme un motif stable ou contemplatif. Il constitue au contraire un terrain d’expérimentation, un lieu de friction entre perception et mémoire, entre réalité observée et reconstruction mentale. Par des procédés de fragmentation, de superposition et de déplacement, Emilien Sarot altère les repères habituels du regard et met en crise notre manière d’habiter visuellement le monde.
Son travail s’inscrit dans un dialogue avec certaines traditions picturales modernes, notamment celles issues de l’expressionnisme. Les images qu’il produit, souvent construites à partir de prises de vue en mouvement ou de matériaux collectés, oscillent entre figuration et dissolution.

Adieu vieux monde adoré
« Mon travail n’est pas le résultat d’une stratégie, mais plutôt l’expression d’une recherche menée depuis longtemps autour
du paysage. Certes, certains observateurs pourraient y voir l’écho d’une sensibilité contemporaine, façonnée par les
préoccupations liées à l’urgence climatique et à l’érosion du vivant.
Mon travail évoque en effet une forme d’adieu au monde tel que nous le connaissons. Les paysages que nous regardons et
traversons semblent peu à peu disparaître, comme s’ils nous disaient au revoir.
Je ne cherche pas à transmettre un message précis ni à donner de leçon. Face à cette situation, je me situe entre deux attitudes: d’un côté, une forme de contemplation et de nostalgie pour l’environnement dans lequel je vis ; de l’autre, une attente presque lucide d’un possible effondrement.
Dans ma peinture, les paysages ne sont ni idéalisés ni romantiques. Je les transforme et les recompose pour faire
apparaître quelque chose de plus troublant, parfois angoissant.
J’essaie ainsi de révéler ce que la nature suggère sans le dire: qu’elle nous est profondément étrangère, et qu’elle existe en
dehors de toute mesure humaine.
»

Emilien Sarot

Exposition du 22 au 29 mai 2026.
Vernissage le Vendredi 22 mars à partir de 18h.
Exposition visible du vendredi au dimanche de 14 h à 18 h,
et sur rendez-vous.